Depuis le lundi 2 novembre 2026, près de 3 000 docteurs juniors en médecine générale consultent dans des cabinets, des maisons de santé et des centres de santé, surtout dans les territoires où il est difficile de trouver un médecin : si l’un d’eux vous reçoit, la consultation est facturée au tarif conventionnel, sans dépassement, et vous n’avancez pas la part de l’Assurance maladie.
- Le 2 novembre 2026 marque le démarrage de la nouvelle quatrième année de l’internat de médecine générale.
- Environ 80 % des docteurs juniors sont affectés en zones prioritaires, selon le ministère de la Santé.
- Ils consultent en autonomie, sous la supervision d’un généraliste maître de stage universitaire.
- Pour le patient : tarif opposable et tiers payant obligatoire sur la part de la Sécurité sociale.
Plan de l'article
Qu’est-ce qu’un docteur junior en médecine générale ? #
Le diplôme d’études spécialisées (DES) de médecine générale dure désormais quatre ans au lieu de trois. La quatrième année, appelée phase de consolidation, donne à l’étudiant le statut de docteur junior. Il a déjà passé trois ans d’internat en stage, à l’hôpital et en cabinet.
Cette dernière année se déroule en secteur ambulatoire : cabinet de médecine générale, maison de santé pluriprofessionnelle ou centre de santé. L’instruction interministérielle du 21 mai 2026 précise que le docteur junior y exerce « avec une autonomie quasi-complète », sous la responsabilité d’un praticien agréé maître de stage des universités. À l’issue de l’année, il obtient son diplôme et peut s’installer comme généraliste.
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Combien sont-ils et où vont-ils exercer ? #
Les chiffres diffèrent selon le mode de décompte. Le ministère de la Santé a annoncé « un peu moins de 3 000 » docteurs juniors début novembre, auxquels s’ajouteront 591 autres en mai 2027. Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), cité par Egora, en compte 2 682 pour la rentrée de novembre.
Sur l’ensemble de l’année universitaire 2026-2027, 3 273 docteurs juniors de médecine générale sont attendus. Le ministère indique qu’environ 80 % sont affectés en zones d’intervention prioritaire, en zones d’action complémentaire ou dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Côté régions, l’ARS Hauts-de-France en annonce 214, et l’ARS Île-de-France plus de 400.
| Repère | Chiffre | Source |
|---|---|---|
| Docteurs juniors en novembre 2026 | « un peu moins de 3 000 » | Ministère de la Santé |
| Décompte du CNGE | 2 682 | CNGE, via Egora |
| Arrivées supplémentaires en mai 2027 | 591 | Ministère de la Santé |
| Part affectée en zones prioritaires | environ 80 % | Ministère de la Santé |
| Étudiants encadrés au maximum par maître de stage | 2 à temps plein | Instruction du 21 mai 2026 |
Combien coûte une consultation avec un docteur junior ? #
Le cadre est fixé noir sur blanc. Le docteur junior facture ses actes selon la convention médicale, à tarifs opposables, donc sans dépassement d’honoraires. Pour une consultation de généraliste en secteur 1, le tarif de base est de 30 €, remboursé à 70 % par l’Assurance maladie si vous avez déclaré un médecin traitant.
Le tiers payant est obligatoire sur la part prise en charge par l’Assurance maladie : vous n’avancez pas ces 21 €. Restent le ticket modérateur (9 € sur une consultation à 30 €), que votre complémentaire santé rembourse en général, et la participation forfaitaire de 2 € (pour les plus de 18 ans), qui reste à votre charge comme chez n’importe quel médecin : elle est déduite plus tard de vos remboursements, si bien que la prise en charge nette de l’Assurance maladie est de 19 €.
« Le docteur junior facture les actes et consultations qu’il réalise dans les conditions prévues par la convention, à tarifs opposables et en appliquant obligatoirement le tiers payant sur la part des dépenses prises en charge par les régimes d’assurance maladie obligatoires de base. »
Instruction interministérielle DGOS/RH2/DGESIP/2026/44 du 21 mai 2026
Est-ce qu’un docteur junior consulte seul ? #
Oui, il mène ses consultations lui-même, mais il n’est pas livré à lui-même. Il exerce « sous un régime d’autonomie supervisée, par délégation et sous la responsabilité » de son maître de stage. L’ARS Hauts-de-France ajoute qu’il doit exercer à une distance raisonnable de ce médecin, en principe à moins de 30 minutes de route.
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Son emploi du temps compte dix demi-journées par semaine en moyenne. Une demi-journée est réservée à la formation universitaire, une autre au travail personnel. Il peut aussi participer, s’il est volontaire et avec l’accord de son maître de stage, à la permanence des soins le soir et le week-end.
Et moi, concrètement ? #
Si votre cabinet habituel accueille un docteur junior, il est possible qu’il vous propose un rendez-vous avec lui, parfois plus vite qu’avec votre médecin. Vous serez reçu par un professionnel qui a déjà trois ans d’internat derrière lui et qui peut, en cas de doute, solliciter son maître de stage.
Le libre choix du médecin par le patient est un principe inscrit dans le code de la santé publique (article L1110-8). Vous pouvez donc demander à voir votre médecin habituel si vous le préférez. Pour une première prise de contact dans une zone sous-dotée, ce nouveau renfort peut en revanche raccourcir l’attente. Pour une situation urgente, le réflexe reste le 15 ou le 116 117, comme rappelé dans notre article sur les urgences et les numéros à appeler.
Pourquoi ce dispositif ne règle pas tout ? #
Un docteur junior n’est pas une installation. Il passe un an dans le cabinet, en deux semestres, et rien ne l’oblige à rester ensuite sur le territoire. L’instruction prévoit toutefois que le premier stage puisse être reconduit au semestre suivant, après accord des deux parties, pour assurer le suivi des patients atteints de maladies chroniques.
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Le dispositif dépend aussi des maîtres de stage volontaires, qui perçoivent notamment 600 € bruts d’honoraires pédagogiques par mois et par étudiant. Détail peu connu : les tickets modérateurs générés par le docteur junior reviennent intégralement au maître de stage. À titre d’illustration, l’instruction chiffre 210 consultations mensuelles à 1 200 € de tickets modérateurs. Les autres leviers contre les déserts médicaux sont détaillés dans notre article sur la mission de solidarité territoriale du PLFSS 2027.
Questions fréquentes #
Un docteur junior est-il un vrai médecin ?
C’est un étudiant de dernière année du DES de médecine générale, qui a déjà accompli trois ans d’internat. Il est inscrit sur un tableau spécial de l’Ordre des médecins et exerce sous la supervision d’un généraliste maître de stage, jusqu’à l’obtention de son diplôme.
La consultation avec un docteur junior coûte-t-elle plus cher ?
Non. Il facture au tarif opposable fixé par la convention médicale, sans dépassement d’honoraires, et applique obligatoirement le tiers payant sur la part remboursée par l’Assurance maladie.
Peut-on refuser d’être reçu par un docteur junior ?
Le libre choix du médecin est un principe du code de la santé publique. Vous pouvez demander un rendez-vous avec votre médecin habituel, en acceptant parfois un délai plus long.
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À retenir #
- Depuis le 2 novembre 2026, près de 3 000 docteurs juniors consultent en cabinet, en maison ou en centre de santé.
- Environ 80 % exercent dans des zones prioritaires pour l’accès aux soins.
- La consultation est au tarif opposable, avec tiers payant obligatoire sur la part de l’Assurance maladie.
- Ils restent supervisés par un maître de stage, pour un an, avant de pouvoir s’installer.
Sources : instruction interministérielle du 21 mai 2026 (Bulletin officiel Santé), Egora, Socialmag, ARS Hauts-de-France, ARS Île-de-France, ameli.fr.
Cet article est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé.




